À propos de l’adoption

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RENCONTRER SON ENFANT (quelques mots de notre psychologue Zlatka)

Rencontrer un enfant qui nous est proposé, s’accompagne tout naturellement de questions que l’on se pose à son sujet. Notre imagination est chargée de ce qu’il pourrait être, ou ne pas être, en fonction de ce que nous espérons, outre ce qui nous a été présenté dans son dossier. Chacun est chargé de questions, de doutes, d’incertitudes ou l’inverse quant à savoir si on est prêt, fin prêt, à la rencontre avec l’enfant.

La rencontre dans l’adoption diffère de celle d’une naissance naturelle. Arriver jusqu’à son enfant procède d’une attente le plus souvent très longue. Mais il n’y a pas que le temps! Chacun dispose de sa propre vision des choses, de ses propres pensées, de ses propres réflexions sur le projet adoptif. Et cela ne s’arrête pas là : le questionnement se développe d’avantage à la réception du dossier d’attribution (au décours de l’apparentement), parce que le projet se concrétise, parce que «l’enfant paraît» !

A partir et au delà du rapport sur l’enfant, réglementairement présenté et que nous communique les futurs parents, il s’agit pour nous de placer la propre histoire de ce dernier, ses propres vécus, ses craintes et ses attentes, dans un univers qui se révèle à nous, éclairé par celui que nous savons du votre. C’est l’objet de l’appréciation que concluent nos échanges avec les responsables de son lieu d’hébergement, outre ce qui résulte de notre intérêt pour les enfants placés et des établissements où ils le sont. Pour la découverte de l’enfant (et réciproquement !) il peut s’avérer utile d’être quelque peu guidé pour réduire l’émotion qui nous envahit à ce moment là.

Les futurs adoptants sont souvent bien préparés à cette rencontre. Nous les accompagnons certes dans leurs démarches, mais notre but est aussi de faciliter la relation entre parents et enfant, en se prêtant comme un agent de « lien familial ».

L’expérience de la pédagogie et de la psychologie de nos accompagnatrices nous est à ce moment et pour la suite extrêmement utile.

La rencontre elle-même constitue un souvenir, que seuls peuvent qualifier les parents, et qui leur appartient. Notre interprétariat ne se limite pas aux obligations de la langue. Elle intervient aussi dans la communication des émotions.

Les échanges (courriers, téléphone, Skype…) avec les adoptants ne se limitent pas à ceux qui formalisent juridiquement et administrativement la procédure. Nous sommes inclinés à nous enquérir de l’état d’esprit et de « l’état de cœur » qui dirige leur engagement, de leur disponibilité, de leur univers. L’engagement de chacun des membres de notre équipe est mobilisé, depuis votre arrivée dans le pays, jusqu’à votre départ et même bien après!

Nous sommes donc extrêmement vigilants quant à l’accompagnement que nous mettons en œuvre lors de vos deux séjour en Bulgarie. Cet accompagnement est primordial pour nous, c’est le premier stade « concret » de votre projet, la première étape réelle de contact avec votre future enfant. Certains actes de la « vie de famille » sont ainsi animés, en invitant ces parents à partager lorsque c’est possible, un « repas en famille » bulgare par exemple, et non au restaurant !

Nous conseillons aux adoptants, de constituer un album de photographies les représentant, celles des proches, des lieux de vie… destiné à être remis à l’enfant, qui à l’issue de cette première rencontre et dans l’attente du départ, pourra le feuilleter, s’imprégner de l’image de ses futurs parents, de sa future famille.


En effet, de toutes les institutions humaines, l’adoption est sans doute l’une des plus anciennes et des plus fascinantes. Le processus d’adoption est dominé par la valeur du temps dans lequel il s’inscrit. L’adoption renvoie directement aux concepts fondamentaux d’adoptabilité, de filiation, de désir d’enfant, de parentalité et de la famille.

L’adoption a un double but : donner un enfant à une famille, mais surtout donner une famille à un enfant orphelin ou abandonné. L’adoption repose souvent pour réussir, sur le désir des parents et leurs capacités à accueillir pleinement, un enfant déjà porteur d’une histoire.

L’adoption signifie choisir, faire sien un enfant qui n’est pas né de soi. L’adoption est donc une « filiation volontaire, résultante de la rencontre entre un enfant et une famille » (Cohen Herlem). culture, d’une époque et d’une pratique diversifiée selon les pays. Les futurs parents développent au cours de leur accession à la parentalité, une prise de conscience de leurs propres liens de filiation, de leurs représentations des images parentales telles qu’ils les ont intériorisées, et de l’enfant imaginaire espéré. La rencontre ainsi, d’abord imaginaire, se transformera en une rencontre réelle!

L’adoption plénière entraine une rupture totale des liens avec la famille d’origine de l’enfant. L’adoption est une forme de protection familiale et sociale, capable de donner à un enfant venu de l’extérieur, un cadre sécurisant, une filiation différente de la filiation d’origine.

Aujourd’hui, l’adoption est un acte juridique établissant entre deux personnes des relations de droit, analogues à celles qui résultent de la paternité et de la filiation.

« Parmi les très nombreux parents adoptifs, rares sont ceux qui regrettent leur décision. Ce qu’ils retiennent de la rencontre avec un enfant qui, peut-être, les a déconcentrés, c’est un enrichissement. L’ensemble de leur existence a pris une nouvelle dimension. Ceux qui ne parvenaient pas à concevoir sont devenus des parents et c’est pour eux un bonheur qui dépasse de beaucoup ce à quoi ils s’attendaient. Ceux qui ne pouvaient agrandir leur famille qu’à travers l’adoption d’un enfant ont découvert des joies plus âpres mais parfois plus fortes encore. Leur bonheur à tous c’est de constater que leur petit garçon ou leur petite fille devient un adulte qui parvient leur dire : sans toi, je ne sais pas où je serais, un adulte qui leur confirme : moi aussi, je vous adopte ! » (Delphine Rouquès).

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